LE SERPENTÀ PLUMES
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VdV #80 : le vin aux poils

27/11/2015

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Le sujet des Vendredis du Vin de ce mois de novembre a été proposé par David Farge, le taulier d'Abistodenas : après le thème de la peau, on s'élève de quelques millimètres pour raconter une histoire de "vin de tout poil".
Allez, sautons à pieds joints dans le calembour vaseux : ce thème est pile-poil dans notre actualité personnelle.
Je le sais en tant que lecteur : ce qui est intéressant dans un blog, c'est d'entrevoir l'intimité de l'auteur au travers de ce qu'il raconte. C'est un exercice délicat : trop, on tombe dans un certain malaise, pas assez et cela devient pénible et froid. Aujourd'hui, je ne sais pas si l'on va réussir à rester debout sur ce fil tendu, mais notre thème à nous, ce sera : "le vin pour la boule de poils".

Depuis une dizaine de jours, nous avons accueilli chez nous une petite chienne de 3 mois, Stella. Une croisée que nous espérons rustique et prête à aller crapahuter dans les forêts et dans les rangs de vignes.
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Noire et agitée comme une nuit d'orage, elle est en train de nous en faire voir de toutes les couleurs. Alors on essaie de lui donner les bases de la vie en société. Histoire qu'elle sache bien se comporter avec les enfants et avec les bacs de plantes aromatiques...

Pour fêter son arrivée, nous avons ouvert une quille que nous avions envie de boire depuis longtemps. Le Clos, du domaine Milan, dans sa version 2005, qui arbore une étiquette... parfaitement dans le thème.
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A l'ouverture, nous avons été bluffés par la jeunesse du vin. Comment, un 2005 ? Nous avons découvert un vin dans la fleur de l'âge, avec de la force et du maintien. Derrière un grand éclat de fruits (cassis, griotte confite), on peut percevoir des nuances  plus sages et plus nobles : le cèdre, le cacao, le piment séché. La bouche, surtout, surprend par son déroulement, entre une attaque charnelle et une finale assez ferme. Aimable et impétueux, doux et turbulent. Un grain de folie derrière une gueule d'ange. A la mesure de l'être à qui nous avons trinqué. Un vin avec du chien. Un vin au poil !
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Une autre interprétation des calcaires du Lot

24/11/2015

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Lorsque nous sommes arrivés dans le Lot cet été, nous avons très vite été intrigués par le domaine Belmont, à Goujounac, situé tout près de la zone d'appellation Cahors, mais néanmoins en dehors. Un domaine à part, dans tous les sens du terme.

Goujounac est à mi-chemin entre Cahors et là où nous vivons. Comme chez nous, ce n'est plus vraiment le Périgord Noir, ce n'est pas encore ni le Causse, ni la Vallée du Lot. C'est la Bouriane. Des collines douces, beaucoup de forêts de châtaigniers, des villages et des hameaux bâtis de pierre jaune pâle, c'est terriblement beau. A part le domaine Belmont, on n'y trouve presque plus de vigne.
J'écris bien "presque plus", car la région a été intensivement viticole avant le phylloxéra. Le Lot comptait 80.000 hectares, contre un peu moins de 5.000 hectares aujourd'hui. Beaucoup de lieu-dits se réfèrent à la vigne de façon explicite, pourtant, plus aucune trace de vinifera, à part quelques repousses éparses, dans les arbres et dans les haies.

Le domaine Belmont est né au début des année 1990 par la volonté de Christian Belmon, sur les terres familiales de ce brillant entrepreneur, également à l'époque maire de Goujounac. Le cadastre atteste, au début du XIXème siècle, de la présence de 157 hectares de vignes sur le terroir du domaine. Christian Belmon décide de faire revivre ce terroir et s'entoure de Claude et Lydia Bourguignon, agronomes spécialisés dans l'analyse des terroirs et des sols. Christian Belmon aime les vins de Cheval Blanc et ceux de la Côte-Rôtie : il plante du Cabernet Franc et de la Syrah. Les Bourguignon, eux, trouvent dans les sols calcaires du domaine des similitudes trop fortes avec ceux de Chablis pour ne pas faire de vins blancs. Sur leurs conseils, un hectare de Chardonnay est également planté aux côtés des cinq hectares de rouges. Ils sont vinifiés en vin de pays du Lot, avec beaucoup d'ambition.

Aujourd'hui, c'est Madame Belmon qui dirige le domaine, avec l'aide de Laurent son chef de culture et maître de chai. Ils nous ont reçu tous les deux pour une visite au début de l'automne, avant les vendanges des rouges.
Que ce soit à la vigne ou au chai, la famille Belmon s'est fixé de très hautes exigences. Les vignes sont plantées à presque 9000 pieds/hectares, très serrées et très basses, comme dans les appellations les plus prestigieuses de France. Conséquence : la plupart des travaux se font à la main ; le seul tracteur utilisable est un enjambeur qui passe au dessus des rangs de vignes. Le chai, splendide, construit en pierres jaunes locales, est de plain-pied. Des cuves inox sont utilisées en fermentation, ensuite, l'élevage se déroule en barriques.
Il a fallu que je visite le domaine Belmont pour saisir, dans la dégustation, ce qu'amènent de telles densités : des concentrations extraordinaires. Les rouges sont serrés et extrêmement denses. Même la Syrah d'entrée de gamme, annoncée en "vin de fruit", ne peut camoufler sa nature musclée. Quant au grand vin rouge du domaine (sobrement nommé Domaine Belmont), c'est un style de grand cru, un de ces vins intemporels, sévères au début de leur vie, et qu'il faut garder en cave de nombreuses années avant de goûter une matière enfin assagie et révélée. On voit à travers ce style la volonté de Madame Belmon et de son maître de chai de livrer aux amateurs la grandeur de leur terroir, via cette matière énorme et élégante, à l'élevage précis.
Mais mon réel coup de cœur, ce sont les vins blancs, qui m'ont paru plus charmants. Deux vins blancs en réalité, issus du cépage Chardonnay : Dolmen et la Vigne de Montaigne. Ils sont tous deux sur la même trame, avec un profil aromatique très typé révélant le citron, la pierre chaude et le pain grillé, et une forte minéralité. La bouche de la vigne de Montaigne m'a paru fine, tendue et franche, tandis que Dolmen brillait par son équilibre, sa matière, et l'enrobage de sa bouche. L'un comme l'autre sont des vins atypiques par rapport aux autres (rares) vins blancs produits dans le vignoble de Cahors, avec beaucoup classe, et une incontestable filiation bourguignonne.

Au delà du travail, depuis 22 ans, de la famille Belmon, je suis admiratif de tous ces passionnés qui décident de faire renaître des terroirs oubliés. Que ce soit à Goujounac, près de chez nous à Domme dans le Périgord, à Branceilles en Corrèze, un peu partout en Île-de-France, peut-être bientôt dans la région de Figeac, on plante, on valorise les vieilles parcelles survivantes, on investit, on se regroupe. C'est épatant ; personnellement j'ai hâte de découvrir le goût de tous ces autres terroirs oubliés, puis ressuscités.

Nicolas
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Mon enfance est un pays

22/11/2015

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J’ai passé les sept premières années de ma vie au Mexique. En plus d'un goût certain pour les bonbons acides et sucrés à la fois, j'en garde des souvenirs nombreux et diffus, ainsi qu'un amour inconditionnel pour ce pays. Je me sens profondément mexicaine autant que française, même si mes papiers et mon visage ne le disent pas. Cette double nationalité de cœur est un vrai déchirement : je sais que toute ma vie, l’un des deux pays me manquera dès que je serai dans l’autre. C’est aussi une grande force et une grande richesse, le Mexique étant, à mes yeux, un pays aussi complexe et fascinant que la France sur bien des tableaux. 
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Le Mexique me manque tellement au quotidien que je ressens souvent le besoin d’y retourner. C’est l’occasion pour moi de revivre des sensations oubliées, des souvenirs échappés de mon enfance. Certaines émotions sont restées intactes, bien à l’abri à l’intérieur du pays, lovées au creux des montagnes de Xalapa. Des odeurs, des goûts, le contact de l’air sur ma peau, une certaine atmosphère, que je n’ai plus rencontrés nulle part ailleurs. Ainsi, retourner au Mexique ressemble à un voyage dans les confins de ma mémoire. Car mon enfance est un pays.
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C’est ce que je me suis dit en croquant dans un morceau juteux de jicama au citron et au piment, devant les pyramides en ruines d'El Tajin, que j’avais si souvent grimpées avec mes frères et qui me laissaient pantelante d’avoir levé les pieds si haut. Proust décrit très bien cet afflux de sensations remontées directement de notre enfance, un vague et lumineux brouillard des sens, nous replongeant dans des souvenirs oubliés. Mes jambes en ont presque vacillé. 
Cette impression, je l’ai aussi reconnue en m’emplissant les poumons de l’odeur de cempasuchil qui embaume les rues et les cimetières pendant la Fête des Morts mexicaine. Et je l’ai revécue en entendant les mariachis jouer près des tombes en fleurs, au milieu des lueurs chaudes des bougies. 


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​Le Mexique a bien changé depuis mon enfance, il s’est rapidement modernisé et, en se promenant dans les rues coloniales de Oaxaca, on pourrait imaginer être dans une ville portugaise ou espagnole un brin exotique. Mais les odeurs, les sons, les ambiances et les saveurs ont su rester les mêmes. Il y a toujours les cireurs de chaussures dans le Zocalo, le stand de jus d’oranges frais qui parfume le quartier, le café torréfié, les vendeurs ambulants qui chantent leur litanie à travers la ville, les tortillerias qui répandent l’odeur si caractéristique de masa et les puestos de tacos au coin de la rue. Il y a toujours autant de topes qui font brinquebaler les autobus sur les routes, cet accent inimitable et ces expressions imagées qui fleurissent les conversations, des femmes fières et belles dans leurs broderies traditionnelles et leurs tresses pleines de rubans, les repas pimentés, les œufs et les haricots refritos du matin, les voladores qui se jettent du haut de leurs mâts au son de la flûte dans une danse avec la mort sans cesse renouvelée. Toutes ces petites choses qui font l’âme du Mexique et qui redessinent les paysages de mes souvenirs.
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 - Maya - 
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Tôt ou tard

19/11/2015

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Un mois sans publier, ce n'est pas glorieux. A notre décharge, nous avons eu un mois extrêmement actif depuis la fin des vendanges : d'abord deux semaines de voyage dans un endroit qui nous est cher (Maya vous en parlera) ; ensuite, beaucoup de travail sur notre projet d'installation.
Par exemple, se former. Le mois écoulé a été très axé tracteur. Maya a suivi une formation à la mécanique agricole au CFPPA de Figeac, pendant deux jours. Je suis revenu dans ce même centre deux semaines plus tard pour la même durée ; cette fois le thème était "le tracteur pour les nuls". Au menu, conduite, attelage, dételage, manœuvres, apprentissage des règles de sécurité. Ce n'est pas quelque chose d'une importance capitale, mais c'est une étape. Et s'il est vrai qu'avec notre formation et plusieurs années d'expérience dans les caves du monde entier, nous avons acquis des compétences pour mener notre futur domaine viticole, il nous reste à apprendre beaucoup de points très appliqués, très concrets, avant de pouvoir réaliser l'ensemble des travaux viticoles d'une année. Ces affaires de tracteurs en font partie.
Ce dernier mois, nous avons eu l'impression de progresser, au moins un peu, dans notre recherche de foncier. Cela a été notre axe de travail prioritaire. Au fur et à mesure des rencontres avec les différents acteurs de la filière, notre idée se fait plus précise. Des contacts intéressants apparaissent. C'est peut-être la bonne direction.
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Je voudrais finir ce billet un peu fourre-tout en mentionnant les multiples articles qui, à l'approche de la COP21, tentent d'évaluer l'impact du réchauffement climatique sur nos vignobles. Je pense notamment au "grand format" du Monde, à lire à cette adresse, qui malgré quelques imprécisions, est d'un grand intérêt pour le grand public. Il a d'ailleurs été énormément lu, partagé, discuté. L'article a le mérite de balayer beaucoup d'enjeux et d'aller plus loin que le cliché, sans cesse renouvelé, des futurs grands vins anglais ou scandinaves.
Je pense notamment à la mise en garde de Jean-Marc Touzard (INRA Montpellier) : « Si on reste en dessous des 2 °C de réchauffement, on s’adaptera. Deux degrés, c’est déjà la variabilité interne d’un vignoble, les viticulteurs savent gérer. Au-dessus, la carte de nos vignobles risque d’exploser. »
Pour l'instant, la hausse des températures est déjà estimée à 1,2°C. Nous allons commencer notre carrière de vignerons dans ce contexte. Forcément, nous pensons à l'introduction de cépages adaptés à un climat plus chaud de 2, 3 ou 4 degrés, ainsi qu'aux moyens de protéger les sols des températures caniculaires. L'agroforesterie nous semble, à nous aussi, un moyen très intéressant d'amener un ombrage, des auxiliaires, de la biodiversité. Certains vignerons pensent déjà à toutes ces adaptations, en Alsace, en Languedoc et ailleurs. Nous aurons l'occasion d'y revenir le jour où nous veillerons sur un vignoble.

Nicolas
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Le chant des sirènes

14/11/2015

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J’aime Paris. Nous y avons des amis, très chers, et de la famille, comme tout le monde en France j’imagine. Nous y allons régulièrement, souvent dans le 10ème et 11ème arrondissement, entre Répu et Bastille, pour sortir, flâner ou retrouver des copains. On s’y sent bien.
Ce matin, je suis loin de Paris. J’entends une sirène passer dans la rue, devant la maison qui m’accueille, ce qui arrive rarement quand je suis au fin fond de la campagne. Je pense immédiatement à Paris quand j’entends une sirène. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est un son que j’ai toujours associé à la capitale. C’est un son qui me replonge dans cette ambiance urbaine si particulière à la Ville Lumière. J’imagine les rues, les voitures, les monuments, le métro et les gens pressés, les terrasses, les bars bondés et cette beauté si forte qui nous oblige à l’aimer.
Ce matin je pense à Paris mais je n’ai pas besoin d’une sirène. Ce matin je me réveille en vie, et je compte mes membres, mes amis, ma famille. J’imagine toutes ces sirènes. Toutes ces sirènes parisiennes qui ont retenti pendant la nuit. Je me dis que ces sirènes là, j’aurais aimé que personne, jamais, ne les entende. 
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 - Maya -
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