domaine la Calmette
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Se faire guider dans les démarches

12/9/2015

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La semaine dernière, nous avons profité de la journée d'accueil collectif à l'installation organisé par l'ADEAR du Lot, à Assier, pour nous remettre les idées au clair.

L'ADEAR, tout d'abord, qu'est-ce ? C'est une association qui vise à développer l'emploi rural et agricole, essentiellement en aidant les personnes cherchant à devenir agriculteur et en promouvant l'agriculture paysanne. Chaque mois, une journée est organisée afin de renseigner les aspirants agriculteurs sur les nombreuses démarches et étapes du parcours. Nous avons donc retrouvé neuf autres porteurs de projet, selon l'expression consacrée, autour de l'animatrice chargée des projets d'installation, Katy Amilhaud.
J'ai été étonné par la diversité, justement, des projets. Certains étaient très aboutis et prêts à voir le jour, d'autres n'en étaient qu'à l'état d'idée. Ainsi se côtoyaient, autour de la table, une fille d'agriculteurs, avec un projet d'élevage caprin où tout était déjà prévu, notamment les terres et la chèvrerie, et d'autres personnes qui cherchaient encore quelle activité agricole mettre en place autour d'une activité éco-touristique elle-même encore à définir.

Nous avons donc réfléchi collectivement au métier de paysan. De par nos études d'ingénieurs agronomes, nous étions en terrain connu. Gérer son exploitation (une entreprise à part entière) en définissant des objectifs et des stratégies, produire, veiller à sa rentabilité, commercialiser ses produits, être acteur du territoire, transmettre, partager... Autour de la table, certains découvraient une réalité peut-être plus complexe que prévue.

Nous avons aussi fait le point sur les étapes nécessaires avant la réalisation. Cette discussion était particulièrement importante pour nous. En effet, une fois le projet clair dans nos têtes, nous avons essayé d'établir des prévisionnels financiers et des plans de financement. Nous avons tenté de définir comment s'installer, sous quels statuts et sous quelle forme sociétale. Mais chaque tentative s'est soldé par le constat que sans connaître le domaine et sa surface, nous ne pouvions pas commencer à résoudre ces questions. Selon le schéma d'installation et d'étapes logiques présenté par l'animatrice, c'est tout à fait normal : le foncier conditionne la suite. Trouver des vignes à acheter, ou même à louer, voilà notre point de blocage pour l'instant.
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Après un repas pris ensemble, où chacun a partagé ses tomates du jardin, ses fromages de chèvre maison ou sa salade de pommes-de-terre, l'après-midi a été dense puisque nous avons évoqué les statuts fiscaux, MSA et sociétaux, puis évoqué chacun notre tour nos projets.

Dans notre cas, cette journée d'accueil a été très utile pour repenser à nos priorités. Dans l'immédiat, nous allons continuer à revoir l'ADEAR puisque l'association organise, cet automne, une formation en 10 dates, "Mûrir son projet d'installation". Je suis pour ma part ravi de pouvoir aborder en détail, un par un, tous les thèmes qu'il faudra maîtriser avant de déposer nos statuts à la Chambre d'Agriculture.
Nicolas

Liens :
Le site et le blog de l'ADEAR du Lot
Un article de la Dépêche sur la formation "Mûrir son projet d'installation".
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Théorie des prix psychologiques

26/8/2015

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Photo
Nous voilà de retour dans le Sud-Ouest. Le temps est beau et chaud, sans être brûlant. Les raisins ont reçu plusieurs pluies d'affilée à la mi-août, alors que la sécheresse commençait à inquiéter. La récolte à venir semble assez abondante. Bref, tout semble se passer correctement dans les vignes. D'ici quinze jours les vendanges commenceront et les vignerons seront bien occupés. Nous allons mettre à profit ces deux semaines pour reprendre les recherches là où nous les avions laissé en juin.

Le milieu vigneron aime rester secret lorsqu'il s'agit de ventes de vignes, ou encore pire, de la totalité d'un domaine. Souvent, on n'en parle que lorsque c'est fait. Il y a chez les vendeurs beaucoup de gêne, sans doute de la pudeur en réalité, à avouer frontalement : "oui, je veux vendre". 
Cet après-midi, le responsable d'une agence immobilière nous confiait sa difficulté de travailler avec des vignerons, la plupart exigeant une confidentialité absolue, compromettant forcément le travail de recherche d'un acheteur.
Au fil des visites, nous constatons que nous sommes bien renseignés, et plutôt au courant de la situation dans le vignoble. On nous fait des confidences ; on nous parle de tel voisin, qui pense à la retraite ; de tel autre, qui ne se fait pas payer ses fermages et voudrait bien changer de locataire. De notre côté, nous n'avons aucune info à donner, et surtout pas qui, où, à quel prix. Par réflexe, nos interlocuteurs nous posent parfois des questions précises ; voyant que nous esquivons, ils n'insistent pas.
Dans ce contexte, il n'est pas possible de parler dans ce blog de ce que nous visitons, ni de ce qui nous a plu. Des photos de domaines ou des anecdotes précises, il n'y en aura pas. Mais nous pouvons évoquer des tendances que l'on peut retrouver aux quatre coins du vignoble.

Ces derniers jours, je suis interpellé par une démarche que nous avons rencontrée à plusieurs reprises : l'établissement de prix très éloignés des prix du marché. Je vous la fait courte : le prix des vignes est assez bien connu dans la zone, notamment grâce aux moyennes calculées par la SAFER sur les transactions effectivement constatées. Ces organismes, placés sous le contrôle de l'Etat pour contrôler les achats et les ventes de surfaces agricoles, vont même jusqu'à publier le prix des terres sur un site dédié. Ce prix des terres agricoles est très étroitement corrélé à la valeur de vente des vins. Le prix des maisons est également assez bien documenté, et il est facile de les évaluer, au moins grossièrement. 
Malgré cela, nous rencontrons des propriétaires qui, comme base de négociation, demandent entre cinq et dix fois le prix du marché pour leur bien. Alors certes, lorsqu'il s'agit de la vente d'une entreprise, avec des stocks, des clients, une marque, le calcul se complique. Mais ici, je parle réellement de vignes nues, ou de biens dont le prix se calcule sur la seule valeur du foncier. 

Comment ces prix sont établis ? Je pense que les mécanismes suivants sont à l'oeuvre.
Tout d'abord, une part importante des vignerons de Cahors commercialise le vin en vrac. Or, le cours du vin en vrac est trop bas pour couvrir ses frais d'exploitations et assurer un revenu décent. Beaucoup d'entreprises sont en réalité déficitaire. Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet ; nous le développerons dans un prochain billet. Après de nombreuses années à travailler sans gagner sa vie apparaît la pensée, plus ou moins consciente de se dire "j'ai fait des sacrifices, maintenant ces efforts doivent être récompensés ; je le mérite". C'est une des attentes majeures placées dans cette vente.
De plus, cette entrée d'argent ponctuelle devra s'ajouter à la pension agricole pour vivre sa retraite. Ces pensions sont généralement très basses ; le système des retraites agricoles est particulier mais je ne vous noierais pas sous les détails. En outre, la somme d'argent issue de la vente de la ferme servira également, à court terme, pour acheter une maison où vivre. Enfin, je pense que l'attachement très fort à sa terre, dans la famille depuis longtemps, rend absurde l'idée d'une comparaison avec le prix des autres terres.
Tout cela amène construire un mythe : celui de l'arrivée d'un investisseur (anglais, chinois, parisien,...), qui paierait rubis sur l'ongle et pour qui les notions de rentabilité et de retour sur investissement seraient tout à fait secondaires. 
Je comprends ces mécanismes, et mon propos n'est pas de les juger, surtout depuis ma position de potentiel acheteur. Cependant, je suis obligé de faire le constat que, dans des cas bien précis, des domaines sont à vendre depuis longtemps, mais leur reprise est rendue impossible. Au détriment de tous, y compris du cédant.


Fort heureusement, ce problème n'est pas général. Il y a bien des vignes qui se vendent, des domaines qui marchent et qui s'agrandissent, et même quelques nouveaux venus qui s'installent. Un jour, bientôt peut-être, nous en ferons partie !

Photo

Nicolas
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Le domaine de M.

7/8/2015

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Nous passons quelques jours chez M., une amie à moi qui travaille également dans le vin. Depuis deux ans elle essaye, elle aussi, d'acheter un domaine. Elle habite loin d'ici, de l'autre côté d'une frontière, et pourtant nos expériences et ressentis sont extrêmement proches, à la veille de l'installation. 
Elle nous raconte la difficulté à connaître les domaines à vendre. Le monde du vin a ses secrets et celui-ci est d'importance. En général, les vignerons qui vendent n'aiment pas que leurs voisins soient au courant. Pour le potentiel acheteur, il est souvent compliqué de savoir comment s'y prendre : s'adresser à son réseau de connaissance ? à des agences ? Ou, comme nous avons décidé de le faire, publier des annonces pour que les acheteurs puissent nous contacter directement. M. est surprise, impossible d'imaginer cela ici.
Elle nous parle ensuite de ses hauts et ses bas à elle. Tous ces domaines qu'elle avait trouvés, aimés, pour lesquels elle s'est investie, les visites, les accords, les discussions et les rêves. Et puis rien. C'est notre lot à tous, acheteurs comme vendeurs. Car nous savons aussi que c'est la même danse de l'autre côté du miroir. Quand on vend le domaine familial, quand on veut une transmission avec du sens, quand on est malade et que l'on cherche à protéger sa famille… et que les espoirs de repreneurs sont brisés une fois, deux fois, trois fois, c'est terriblement difficile. Nous en avons discuté avec des vignerons qui cèdent leur domaine et ils sortent parfois (souvent ?) de ce parcours assez désenchantés.
Photo
Nous abordons le sujet du prix aussi, bien sûr. Nos analyses, là aussi, convergent : le prix de vente est souvent très éloigné du prix du marché et donc de nos bourses respectives. Il y a tout un tas de raisons à cela, bonnes ou mauvaises, ce n'est pas ici mon propos (ça l'est dans ce billet) mais cela bloque souvent l'installation des jeunes "hors cadre familial" comme nous. Des jeunes qui manquent souvent dans les vignobles et dans l'agriculture en général à l'heure où les repreneurs se font rares et les retraites nombreuses, des jeunes passionnés, motivés, engagés aussi, souvent, dans la voie du bio et d'une agriculture à taille humaine.

Puis, enfin, M. nous raconte le jour où tout bascule. Une rencontre, par des voisins d'amis, d'amis (ou quelque chose dans ce genre) et ça accroche parfaitement. M. trouve un vigneron prêt et désireux de céder son domaine, avec qui elle s'entend bien, qui partage sa vision des choses. Dans ces conditions là, tout va très vite, c'est simple et clair pour tous les participants. M. a commencé à travailler au sein du domaine dans un premier temps, pour les vinifications, une période de transition souhaitée par tous, pour s'assurer qu'ils ont fait le bon choix. Je lui souhaite une issue aussi lumineuse que son histoire.
 - Maya -
Je vous laisse sur des images de Lavaux, cet étonnant vignoble où passent les trains et poussent les villas, mais qui offre des vues spectaculaires sur le Lac Léman et sur les montagnes qui l'entourent.
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Des hauts et des bas

28/7/2015

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Choisir un domaine est une affaire complexe. On choisit un lieu de vie, un travail, un projet. On pense à l'endroit qui rythmera nos existences pour les trente, quarante ou cinquante prochaines années. Il faut imaginer d'hypothétiques enfants, changements climatiques, envies professionnelles, etc. 
Nous avons décidé de chercher de façon pragmatique mais aussi de faire confiance à un éventuel coup de coeur. Car quoi de mieux que de vivre dans un endroit dont on est tombé amoureux?
C'est là que l'affaire se corse. Car qui dit coup de coeur, dit projection. Nous voilà embarqués dans des rêves fous et des recherches multiples pour tout valider : distance de Cahors et des axes de communication, de nos proches, de nos amis, écoles et collèges, vie du village, commerces, cadre, aménagements divers du chai et de la maison, nom du domaine, cuvées possibles…
Ce sont des heures de discussion, de rêveries à ciel ouvert il faut être sûrs de tout mais surtout parce que ça fait un bien fou. Je vois bien le regard narquois de ceux qui suivent toute cette agitation de près. Je m'emballe… Mais il le faut, c'est ainsi que je le sens, que je le veux, c'est ainsi que je suis.
Et puis un beau jour, ce n'est plus possible. Le château de cartes s'écroule. Pour une raison ou une autre, le pressentiment qui nous habitait depuis le début mais que nous avions mis sous cloche se révèle exact : ce domaine là ne sera pas à nous. Car des loups, des vices cachés, il y en a souvent, peut être autant que des coups de coeur. Nous les voyons parfois mais quand l'endroit nous plaît beaucoup (trop, peut-être), nous tâchons de contourner le problème ou de lister plein de choses dans la colonne "qualités" afin que ça finisse par cacher ce gros problème de la colonne "inconvénients". 
Alors voilà, aujourd'hui, envolés vaches, veaux, cochons, couvées et pots de lait. Nous ramassons vite les morceaux, léchons un coup nos plaies et repartons aussi sec nous enticher d'un nouveau rêve. Sous le regard un peu plus narquois de ceux qui suivent toute cette agitation de près.
Cette alternance de hauts et de bas est assez difficile si on ne prend pas un peu de recul. J'ai parfois un peu de gêne à parler de l'avancement de nos recherches quand la question arrive. J'ai l'impression d'être une jeune fille volage à rêver de son futur amant à peine sortie des bras du précédent.

Mais c'est aussi un bonheur fou d'imaginer toutes ces vies que nous pourrions avoir. De rêver tous les mois à un nouveau lieu, à une nouvelle vie. Nous explorons les possibles. Quoi de plus exaltant?
- Maya -     
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Summer is coming...

4/7/2015

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Photo
Voilà bientôt une semaine que la chaleur écrase l'Alsace. Je me cache tous les après-midi dans mon appartement aux volets clos. Je pense aux vignerons, aux plantes, à tous ces êtres coincés à l'extérieur. Je me demande comment je ferai, moi, quand je n'aurai plus le choix. Quand il faudra que je me lève à 4:00 du matin pour aller traiter avant qu'il ne fasse trop chaud. Quand j'attendrai sagement 19:00 pour aller palisser dans la toute relative "fraîcheur" du soir. 

Surtout, au-delà de toutes ces considérations, je m'interroge sur l'avenir, quand tous les voyants semblent être au rouge. Comment va-t-on faire face, en tant que paysans, au réchauffement beaucoup trop rapide de la Terre?
Comment choisir dans quelle région s'installer, alors que notre projet s'inscrit dans le long terme, quand on ne sait pas quel climat il y fera dans vingt ans, trente ans, peut-être même dans dix?

Les vignerons alsaciens sont durement touchés par l'oïdium cette année. Comme l'année dernière. C'est pourtant une maladie dont ils n'avaient que peu l'habitude. Les vignes ont soif, aussi. Et il semblent qu'elles auront de plus en plus soif dans les années à venir. Sommes nous fous de nous installer dans ce contexte?

Je me plais à penser que grâce à nos vignes bien tenues, enherbées, biologiques, aux haies que nous voulons replanter, aux arbres que l'on fera pousser, nos quelques hectares "sauvées" du béton, du sol nu, du goudron chaud, nous verserons nos quelques gouttes d'eau sur l'incendie de cette si belle planète Terre.

- Maya -
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Inspection des rangs

14/6/2015

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PhotoUn symptome d'Esca (photo Karl Bauer)
Comment se passe une visite de vignes ? D'abord, il faut tenter de comprendre sur quel type de terroir nous sommes. Quel est le type de sol, s'il est profond ou superficiel, s'il retient l'eau ou s'il est drainant. En prévision d'années sèches, une vigne établie sur le rocher du Causse n'est probablement pas un bon plan !
Pour nous, qui voulons vite passer en viticulture bio, c'est très important également d'observer si le sol est vivant. Parfois, la répétition des désherbages en plein et des apports d'engrais minéraux peuvent avoir énormément affecté la vie du sol ; dans ces cas là, on essaie de se projeter. De savoir si nous arriverions à effectuer une transition et à travailler les sols, tout en maintenant un certain niveau de production.
Parfois, cela se passe mal. Un de nos copains vignerons nous a raconté avoir récupéré des parcelles "chimiques", et tenté une conversion trop énergique vers la bio. Il ne récolte, depuis des années, que quelques kilos de raisins. La vigne n'a pas supporté ce changement radical dans son enracinement et sa façon de capter eau et minéraux. Après tout ces efforts, il a baissé les bras et se débarrasse des parcelles en questions.
D'autres de nos amis nous disent que cela va plus vite qu'on le croit. Mais récupérer une parcelle, patiemment, en assumant une production dix fois plus faible que ce qu'il faudrait, c'est le genre de tâche plus facile à faire lorsqu'on a au cœur de son exploitation des parcelles productives, fiables, et qui remplissent les cuves. Lorsqu'on exploite uniquement les parcelles "à problème"...

Un autre point qui cristallise les inquiétudes : les maladies du bois. Depuis une quinzaine d'année, les différentes formes de maladies du bois, comme l'ESCA, sont responsables d'une mortalité massive à la vigne, souvent autour de 5 % des pieds d'une parcelle chaque année et parfois beaucoup plus. Certaines parcelles sont tellement sujette à ces dépérissements qu'elles sont bonnes pour l'arrachage.

Maya et moi sommes assez convaincus par l'analyse du SICAVAC, à Sancerre, pour qui l'épidémie actuelle de maladie du bois ne s'explique pas uniquement par les champignons. Le Sicavac, autour de François Dal, estime que les pratiques viticoles, surtout la taille, sont un facteur majeur d'explication. Au cœur du problème : les flux de sèves. Trop de retournements, d'étranglement, de fabrication de bois mort, et le champignon prend le dessus, s'attaquant au bois vivant et coupant l'alimentation en sève. C'est un long débat, on ne sait pas encore tout ; malheureusement on en reparlera sans doute.
Concrètement, dans les rangs, observer la taille et les flux de sève permet d'évaluer l'espérance de vie de la parcelle.

Au delà de ça, on évalue aussi l'état du palissage, la présence ou non de virose, comme le court noué, et bien sûr, le nerf de la guerre : le potentiel de production.
On sort des parcelles avec une impression générale, souvent vraie. Heureusement que nous n'en sommes pas à nos premières visites de parcelles, que ce soit pour établir des travaux viticoles, ou bien sélectionner les meilleures avant la récolte. Sans être des experts, nous voyons rapidement les forces et les faiblesses des parcelles.

Photo
Par exemple, celles-ci nous ont assez plu...
Le sol est travaillé, la vigne sans carence. La taille est bien pensée. Il y a de l'herbe sous le rang (le vigneron est débordé?) mais ça n'a pas eu de conséquence sur une floraison plutôt généreuse. Une jolie vigne !
Photo


... celles-là, beaucoup moins
Visitée au début du printemps, sans végétation, on voit tout de même une taille en "tête de saule", pas très amicale pour les flux de sève. Le sol est maigre, érodé et recouvert de mousses (désherbants). La vigne a les pieds dans le calcaire. La transition en bio est plus risquée.
Nous avons profité du printemps pour venir trois fois à Cahors. L'objectif : visiter des parcelles ou des domaines à vendre. La fin de mai et le début de juin sont des moments particulièrement propices pour aller voir les vignes, qui sont au pic de végétation, et qui expriment bien toutes leurs éventuelles faiblesses.

Enfin, on regarde l'endroit. On dit parfois que c'est dans les beaux paysages qu'on fait les meilleurs vins. Quand on pense aux collines de Château-Chalon ou de l'Hermitage, au Mambourg ou au Bollenberg, aux hauts terroirs de Faugères ou du Roussillon, on se dit que ça doit être vrai. En bordure de Causse, à Cahors, on se prend souvent à rêver, à se dire qu'à chaque fois qu'on viendra travailler, tailler, tirer les bois, relever, le paysage s'offrira, toujours différent. Parfois, on s'y voit.
Nicolas
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L'envie

15/4/2015

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Elle nous a pris un matin. Un de ces matins qui durent des jours, des mois, des années de discussion incessante. Parce que cette envie là, elle fait un peu peur. Elle veut tout, elle gobe tout, elle avance. Pas de demi-mesure avec elle, il faudra tout quitter, oublier le rationnel et se jeter dans le vide sans savoir si on a les pieds accrochés à un élastique ou un sac à dos avec un joli parachute dedans.

Elle est venue à tâtons, sans se faire remarquer et soudain elle prend toute la place. Elle est là, au milieu de la pièce à ronfler tranquillement sur le tapis, elle est aussi grande que lui, et nous, réfugiés sur le canapé qu’on a poussé tout contre le mur, on a peur qu’elle se réveille. Alors même que c’est trop tard, elle est déjà là, et elle a laissé ses poils partout.

L’envie.

L’envie que notre temps soit à nous même s’il s’échappe dans la liste sans cesse renouvelée des choses à faire,  l’envie d’être dehors, de fouler la terre, de cuire sous le soleil de l’été et geler au froid de l’hiver, d’être dedans aussi, de pomper, nettoyer, fouler, décuver, de faire des étiquettes, de la compta, des papiers, de parler, d’expliquer, de tâtonner, d’être perdus, exaltés, curieux, de tout faire en disant qu’on a le temps de rien, de regretter parfois, de découvrir des choses par erreur, parce qu’on s’est trompés, d'ouvrir des quilles avec les copains aussi, et de refaire le monde…et tant de choses encore. L’envie de faire du vin, avant tout et même si ce n’est pas tout. La toute petite partie emmergée de l’iceberg qui justifie tout le reste. Le sommet caché par tous les autres qui permet de mettre un pied devant l’autre malgré la fatigue.

Cette envie là elle est venue et elle ne nous a plus lâchés. Alors, elle est devenue le moteur de nos vies. Et on avance. 

- Maya -
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Faire connaissance avec les instances

24/2/2015

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Lorsqu'on se pose la question de devenir viticulteur, on fait très vite la connaissance des organismes professionnels, des instances.

Tout d'abord, les chambres d'agriculture. Fonctionnant maintenant par région, elles offrent d'abondantes informations sur le "parcours d'installation". C'est un discours qui donne un cadre et qui convoque acteurs, porteurs de projet et faisabilité.
Il y a des étapes à respecter. D'abord, rencontrer un technicien de la Chambre au Point Installation et s'autodiagnostiquer. Ensuite, élaborer avec une commission un plan personnalisé, impliquant une formation et parfois un stage, ainsi que la construction d'un plan d'entreprise sur 5 ans.
En respectant ce parcours, qui dure au minimum une année, on est éligible à des aides nationales. C'est la fameuse Dotation Jeune Agriculteur, pour les moins de 40 ans, qui représente de 10000 à 15000 € dans la majorité des cas. Elle s'accompagne de bonus comme des aides régionales, des prêts bonifiés, etc. Pendant ce parcours, vous disséquerez aussi votre projet dans tous les sens, en le confrontant aux moyennes départementales.
Site national
Site de Midi-Pyrénées

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs apporte également son aide pour réussir ce parcours à l'installation. Leur site apporte une vision concise des étapes évoquées ci-dessus.

Arrivé à ce point, vous vous dîtes sans doute : ce parcours, faut-il le faire, ou pas?
A mettre dans la balance : d'un côté de multiples dossiers, rendez-vous, passages en commission, et des frais de dossier ; de l'autre, l'aide de techniciens pour construire votre plan d'activité, l'intégration dans une structure administrative et syndicale, et une aide financière intéressante ou non selon votre projet.
A chacun de faire son choix. Sachez juste qu'en installation aidée, au bout de 5 ans, 88% des aspirants agriculteurs sont encore en activité. Pour ceux qui n'ont pas demandé d'aide, ou qui ne l'ont pas obtenue, c'est seulement 52%...
Personnellement, pour diviser le risque d'échec par quatre, je veux bien passer mon projet à la moulinette avec des techniciens de la Chambre.

Cette note étant impossible à illustrer, elle finira par une image paisible de montagnes vosgiennes. Vous l'avez bien mérité.
Photo
Nicolas
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Le début de quelque chose

25/1/2015

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Ce n'est pas facile de choisir par quels mots commencer. Avant que ce billet devienne anonyme, enfoui sous plusieurs pages d'images et d'anecdotes, qu'il serve donc de programme.

Nous allons devenir vignerons.

Maya a 27 ans, Nicolas 30. Après deux ans à apprendre l’œnologie et la viticulture à l’Université, après des saisons à tirer des tuyaux et nettoyer des pressoirs dans divers endroits du monde, après plusieurs emplois à faire du vin pour d’autres, nous y voilà. Devenir paysans, devenir vignerons.

Les envies sont multiples : imaginer et façonner nos propres produits. Pratiquer une agriculture biologique et sans doute biodynamique, et construire un système de culture harmonieux. Aller à la rencontre de personnes avides de vins sincères et personnels. Travailler pour nous. Être fiers, aussi, simplement.

Ce blog démarre en même temps que le projet d’installation. Nous cherchons des vignes, nous avons décidé de quitter nos emplois : nous en sommes là. Il passera sans doute plusieurs saisons avant le premier coup de sécateur. C’est ce chemin vers les vignes qui sera raconté ici par étapes. Il nous offrira aussi le prétexte de nombreux détours à propos du vin, de la cuisine, du voyage, de la vie, quoi !

A très vite,
Nicolas
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